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Saignements de nez récurrents : causes, premiers secours et quand faire un bilan

La majorité des gens ont au moins une fois un saignement de nez dans leur vie, et il provient le plus souvent de la partie antérieure de la cloison nasale, où les vaisseaux se trouvent juste sous une muqueuse fine. Quand les saignements reviennent, il faut penser à une muqueuse sèche, au grattage ou aux sprays nasaux, aux anticoagulants et antiagrégants et, plus rarement, à un trouble de la coagulation ou à une tumeur. Nous expliquons les premiers secours selon la recommandation (compression d'au moins 5 minutes), ce que l'on sait de l'hypertension, qui a besoin d'analyses sanguines et quels symptômes imposent une évaluation rapide.

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Rédigé à partir de sources primaires : essais cliniques, méta-analyses et recommandations. Nous décrivons les résultats des études séparément de notre interprétation.
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Sommaire

Pourquoi les saignements de nez reviennent-ils ? La réponse courte

Un saignement de nez isolé est rarement inquiétant, mais des saignements répétés posent la question de la cause, pas seulement de la façon de les arrêter. La recommandation américaine sur le saignement de nez (épistaxis) cite des estimations selon lesquelles au moins 60 % des personnes aux États-Unis en ont un à un moment donné et environ 6 % d'entre elles consultent. Cela donne l'échelle : la plupart des épisodes sont bénins et s'arrêtent seuls, mais il existe un sous-groupe chez qui il vaut la peine de chercher une cause.

Dans cet article, nous nous appuyons sur la recommandation AAO-HNS de 2020, une sur le lien entre hypertension et saignements de nez, une étude de cohorte sur les anticoagulants et antiagrégants, une revue Cochrane sur l'acide tranexamique et la recommandation internationale sur la télangiectasie hémorragique héréditaire. Nous séparons les faits bien documentés des conclusions fondées sur la pratique clinique. Nous traitons l'hypertension et les tests de coagulation plus en détail dans nos fiches de la base de connaissances.

D'où saigne le nez : saignement antérieur et postérieur

Les saignements de nez se divisent anatomiquement en antérieurs et postérieurs. Les antérieurs, de loin les plus fréquents, proviennent de la partie antérieure de la cloison nasale, où des branches de plusieurs artères forment un dense réseau vasculaire (zone de Kiesselbach). Les vaisseaux y sont superficiels, et la muqueuse est fine et exposée à l'air sec, elle se rompt donc facilement. Un tel saignement est généralement visible par une narine et peut le plus souvent être maîtrisé par compression.

Les saignements postérieurs sont plus rares, proviennent de vaisseaux plus profonds à l'arrière de la cavité nasale, et surviennent plus souvent chez les personnes âgées et chez celles qui ont une maladie vasculaire ou un trouble de la coagulation. Le sang s'écoule alors dans la gorge, souvent des deux côtés, et est difficile à maîtriser par une compression personnelle. Ils nécessitent une évaluation à l'hôpital : la recommandation prévoit le méchage et, en cas d'échec, des gestes comme la ligature ou l'embolisation artérielle.

Deux conclusions comptent en pratique. D'abord, il est utile d'identifier le site du saignement, car le traitement en dépend : la recommandation conseille d'examiner le nez (rhinoscopie antérieure) après retrait des caillots, et de pratiquer une endoscopie nasale en cas de saignements qui reviennent malgré un traitement antérieur ou seulement d'un côté. Ensuite, un saignement qui revient toujours de la même narine est plus suspect qu'un saignement bilatéral dû à la sécheresse, et nécessite une évaluation ORL.

Les causes les plus fréquentes de saignements de nez récurrents

En pratique, plusieurs facteurs se combinent souvent : air sec en hiver, rhinite légère, habitude de se gratter ou de se moucher fort, et en plus un médicament qui influence la coagulation. Un interrogatoire attentif (quand, de quel côté, combien de temps, après quoi, quels médicaments) vaut donc souvent plus qu'un grand bilan.

La recommandation conseille aux soignants de documenter les facteurs qui augmentent la fréquence et la gravité des saignements : antécédents personnels ou familiaux de troubles de la coagulation, prise d'anticoagulants ou d'antiagrégants et usage de médicaments nasaux. C'est aussi une bonne liste pour le patient : rassemblez ces informations avant la consultation, y compris les produits sans ordonnance et les compléments alimentaires.

L'hypertension artérielle provoque-t-elle des saignements de nez ?

C'est l'une des questions les plus fréquentes et l'une des plus controversées. Intuitivement, une pression élevée pourrait favoriser le saignement, et un saignement de nez s'accompagne souvent d'une valeur élevée au cabinet ou aux urgences. Les études montrent toutefois qu'une association existe, mais on ignore si elle est causale.

Qu'en retenir en pratique ? Les personnes hypertendues ont plus souvent des saignements de nez, mais les études observationnelles seules ne disent pas si la pression est la cause ou si ce sont des facteurs associés (âge, médicaments, modifications vasculaires, stress de l'épisode qui fait monter la pression). Il n'existe pas non plus de preuve qu'il faille rechercher une hypertension cachée chez une personne qui saigne du nez avec une pression normale. Il est en revanche raisonnable que quelqu'un qui a des saignements récurrents fasse mesurer sa pression en dehors d'un épisode, et qu'elle soit bien contrôlée si une hypertension est diagnostiquée.

Anticoagulants, antiagrégants et AINS et saignements de nez

Les médicaments qui inhibent la coagulation ou la fonction plaquettaire ne provoquent généralement pas à eux seuls les saignements de nez, mais ils rendent plus difficile l'arrêt d'une petite lésion vasculaire, si bien que le saignement est plus long ou plus fréquent. La recommandation de l'AAO-HNS distingue expressément les patients prenant de tels médicaments comme groupe particulier, chez qui le choix du méchage et la conduite à tenir diffèrent.

La recommandation conseille, chez les personnes sous anticoagulants ou antiagrégants et en l'absence de saignement menaçant le pronostic vital, d'utiliser d'abord le traitement de première ligne (compression, méchage, cautérisation), et seulement ensuite d'envisager transfusion, réversion ou arrêt des médicaments. Un méchage résorbable est aussi recommandé chez ces patients. Cela compte pour le patient : n'arrêtez pas vous-même un traitement anticoagulant à cause de saignements de nez, car le risque de thrombose ou d'AVC peut être plus grand que celui du saignement de nez. La décision de modifier la dose revient au médecin qui a prescrit le médicament.

Si vous prenez de la warfarine, des saignements peuvent signaler un INR trop élevé ; nous parlons de l'interprétation des tests de coagulation dans la fiche sur l'INR, le TCA et le TP. L'usage fréquent d'anti-inflammatoires non stéroïdiens et d'aspirine, y compris sans ordonnance, augmente aussi la tendance au saignement et mérite d'être intégré à l'interrogatoire avant de chercher des causes plus rares.

Troubles de la coagulation et télangiectasie hémorragique héréditaire : quand penser à une maladie du sang ou des vaisseaux

Rarement mais de façon importante, des saignements de nez récurrents sont le premier signe d'une maladie générale. Le trouble hémorragique héréditaire le plus fréquent est la maladie de Willebrand, et les saignements de nez comptent parmi ses signes typiques, avec les règles abondantes, les ecchymoses faciles et les saignements prolongés après des gestes. Les antécédents familiaux (saignements de nez, règles abondantes ou saignements après des gestes chez des proches) sont l'un des éléments les plus précieux de l'évaluation.

Le deuxième diagnostic à garder en tête est la télangiectasie hémorragique héréditaire (HHT), maladie autosomique dominante dont la prévalence est estimée à 1 sur 5000, caractérisée par des malformations vasculaires. La recommandation de l'AAO-HNS conseille de rechercher des télangiectasies sur la muqueuse du nez et de la bouche chez les personnes ayant des saignements de nez bilatéraux récurrents ou des antécédents familiaux de saignements récurrents. Les malformations peuvent causer des saignements chroniques et une anémie ferriprive, et les recommandations internationales sur la HHT traitent séparément la prise en charge des saignements de nez, de l'anémie et de la carence en fer.

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Premiers secours : que faire quand le nez saigne

La base du traitement d'un saignement de la partie antérieure du nez est la compression. La recommandation de l'AAO-HNS conseille une pression ferme et soutenue sur la partie basse et molle du nez pendant au moins 5 minutes, exercée par la personne elle-même ou avec l'aide d'un proche. Le point clé est que la pression doit être continue : vérifier sans cesse si le saignement s'est arrêté brise le caillot en formation et prolonge le saignement.

Les détails de la position (penché en avant, respiration buccale) relèvent de la pratique clinique et de la logique d'éviter que le sang ne s'écoule dans la gorge ; dans la littérature consultée, nous n'avons pas trouvé d'essais randomisés comparant les positions du corps. Le mieux documenté est la compression de la partie basse du nez pendant une durée suffisante, comme l'indique la recommandation.

Comment prévenir les récidives et que peut faire un ORL

La recommandation cite trois grandes façons de traiter un site de saignement identifié : vasoconstricteurs locaux, cautérisation et agents hydratants ou lubrifiants. Pour une personne qui récidive, ce qui compte en pratique, c'est que l'hydratation de la muqueuse (par exemple sérum physiologique, gels ou pommades nasales conseillés par un médecin ou un pharmacien) fait partie de la prévention et pas seulement du traitement après coup. La recommandation ne désigne pas un produit unique comme le meilleur ; le choix est donc à discuter avec un médecin.

Lorsque la cautérisation est le traitement choisi, la recommandation conseille d'anesthésier le site de saignement et de limiter la cautérisation au site actif ou suspecté, ce qui réduit le risque de lésion de la cloison. Pour les saignements non maîtrisés par le méchage ou la cautérisation, on envisage ligature artérielle ou embolisation, mais ce sont des situations hospitalières.

Et l'acide tranexamique ? Une revue Cochrane de 2018 a inclus 6 essais portant sur 692 adultes. En plus des soins standard, l'acide tranexamique (oral ou local) réduisait probablement le risque de nouveau saignement : de 67 % à 47 % ( 0,71 ; IC à 95 % 0,56-0,90 ; trois essais, 225 participants ; preuves de qualité modérée). Pour l'usage local seul, les preuves reposant sur un essai étaient de faible qualité ; on ignore donc si une seule application arrête efficacement le saignement dans les 10 jours. Les auteurs soulignent que seulement trois essais ont été menés depuis 1995 et que les techniques de traitement ont beaucoup changé. C'est un médicament utilisé au choix du médecin, pas un produit à utiliser seul.

Quand consulter et quand appeler les urgences : signes d'alerte

La plupart des saignements de nez peuvent être maîtrisés à domicile. Les situations suivantes nécessitent toutefois une évaluation médicale, et certaines une aide urgente. Le seuil de 20-30 minutes de compression est une règle empirique utilisée en pratique, pas un chiffre issu des études citées.

Idée reçue

En cas de saignement de nez, il faut pencher la tête en arrière pour que le sang cesse de couler.

Fait

Pencher la tête en arrière n'arrête pas le saignement, et le sang coule dans la gorge, ce qui peut provoquer toux, nausées et vomissements. La base des premiers secours est une compression ferme et continue de la partie basse et molle du nez pendant au moins 5 minutes, la tête légèrement penchée en avant.

Tableau récapitulatif

QuestionRéponse courte
Quelle est la fréquence des saignements de nez ?Selon la recommandation de l'AAO-HNS, au moins 60 % des personnes aux États-Unis en ont un à un moment donné, et environ 6 % consultent
Combien de temps comprimer le nez ?Pression ferme et continue sur la partie basse et molle du nez pendant au moins 5 minutes
L'hypertension provoque-t-elle des saignements de nez ?Une méta-analyse a montré une association (OR 1,53), qui ne prouve pas la causalité
Les anticoagulants comptent-ils ?Oui ; dans une série hospitalière, 62 % des patients adressés à l'ORL prenaient de tels médicaments. Ne les arrêtez pas vous-même
Quand penser à un trouble de la coagulation ou à la HHT ?En cas de saignements bilatéraux récurrents, d'antécédents familiaux, de règles abondantes, d'ecchymoses, d'anémie
Quand une endoscopie nasale ?En cas de récidive malgré le traitement ou de récidive unilatérale (recommandation AAO-HNS)
Quand est-ce urgent ?Saignement de plus de 20-30 minutes malgré la compression, abondant, après un traumatisme crânien, ou avec vertiges ou gêne respiratoire
Saignements de nez récurrents en bref

Notre recommandation éditoriale

Un saignement de nez a l'air alarmant, mais dans la plupart des cas c'est un problème mineur avec une cause précise, souvent corrigible : air sec, irritation, médicament. Les informations rassemblées aident : de quel côté, à quelle fréquence, après quoi, sous quels médicaments. Quand les saignements reviennent malgré des mesures simples ou s'accompagnent d'autres symptômes, il vaut la peine de passer à une évaluation ORL et éventuellement à des analyses de sang, au lieu de se contenter pendant des années de la compression.

La bonne conduite devant un saignement de nez comporte deux choses : une compression calme et continue maintenant, et la question de la cause ensuite. L'une sans l'autre suffit rarement quand les saignements reviennent.
Rédaction VitMode

Questions fréquentes

La recommandation de l'AAO-HNS conseille une pression ferme et soutenue sur la partie basse et molle du nez pendant au moins 5 minutes, sans relâcher pour vérifier. Si le saignement ne s'arrête pas après 20-30 minutes de compression correcte, une aide médicale est nécessaire.

Non. Le sang coule alors dans la gorge, ce qui peut provoquer toux, nausées et vomissements, et n'arrête pas le saignement lui-même. Mieux vaut s'asseoir droit, pencher légèrement la tête en avant et pincer la partie molle du nez.

Une méta-analyse d'études observationnelles (2017) a montré que les personnes hypertendues ont un risque plus élevé de saignement de nez (odds ratio d'environ 1,5), mais les auteurs soulignent qu'il s'agit d'une association et non d'une preuve de causalité. Il est utile de mesurer la pression en dehors d'un épisode et de la traiter si elle est élevée.

Ils peuvent aggraver et prolonger les saignements. Dans une série hospitalière, 62 % des patients adressés à l'ORL pour un saignement de nez prenaient un anticoagulant ou un antiagrégant. Il ne faut toutefois pas les arrêter soi-même ; la décision sur la dose revient au médecin qui les a prescrits.

Lorsqu'il n'y a pas de cause locale évidente et que les saignements s'accompagnent d'autres signes de tendance hémorragique (règles abondantes, ecchymoses, saignements des gencives, saignement prolongé après des gestes), sont familiaux, ou que des symptômes d'anémie apparaissent. La base est la numération avec plaquettes et les tests de coagulation, et le médecin décide du bilan complémentaire.

Lorsqu'il dure plus de 20-30 minutes malgré une compression correcte, est très abondant, survient après un traumatisme de la tête, s'accompagne de vertiges, de malaise, de gêne respiratoire ou de sang coulant abondamment dans la gorge, et chez les personnes sous anticoagulants. Dans ces situations, appelez une aide médicale.

Un saignement récurrent du même côté du nez nécessite une évaluation ORL, et la recommandation conseille l'endoscopie nasale en cas de récidive unilatérale pour trouver le site de saignement et exclure une lésion comme un polype ou une tumeur. Le plus souvent, la cause est cependant une lésion locale de la muqueuse.

Sources (5)

Les sources sont numérotées. Les références PubMed sont vérifiées automatiquement (identifiant, titre, année).

  1. 1Tunkel et coll. 2020 — Otolaryngology-Head and Neck Surgery (recommandation AAO-HNSF, saignement de nez)PubMed
  2. 2Min et coll. 2017 — Otolaryngology-Head and Neck Surgery (hypertension et épistaxis, méta-analyse)PubMed
  3. 3Smith et coll. 2011 — Journal of Laryngology & Otology (anticoagulants, antiagrégants et épistaxis)PubMed
  4. 4Joseph et coll. 2018 — Cochrane Database of Systematic Reviews (acide tranexamique dans l'épistaxis)PubMed
  5. 5Faughnan et coll. 2020 — Annals of Internal Medicine (deuxièmes recommandations internationales sur la HHT)PubMed
VM

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Équipe éditoriale VitMode — sans signature individuelle ; contenus fondés sur des sources primaires

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