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Se réveiller à 3 heures du matin : causes et que faire

Vous vous réveillez au milieu de la nuit sans pouvoir vous rendormir ? Vous n'êtes pas seul : dans une étude portant sur plus de 22 000 Européens, près d'un adulte sur trois se réveillait au moins trois nuits par semaine. Nous expliquons ce qui relève de la physiologie normale du sommeil et ce qui est un signal d'alerte, du cortisol et de l'alcool à l'apnée du sommeil, à la ménopause et à la dépression, et quelles méthodes sont réellement soutenues par la recherche plutôt que par des mythes populaires.

JWJulia Wiśniewska17 octobre 202612 min de lecture
Sommaire

Pourquoi est-ce que je me réveille à 3 heures du matin ? La réponse courte

La réponse en bref

Un court réveil au milieu de la nuit est normal. Le sommeil est fait de cycles, entre lesquels chacun remonte en partie vers la surface, le plus souvent sans s'en souvenir. Cela ne devient un problème que si vous n'arrivez pas à vous rendormir, que cela se produit régulièrement et que votre fonctionnement en journée en pâtit. Les causes les plus courantes sont le stress et un système nerveux suractivé, l'alcool le soir, le ronflement et l'apnée du sommeil, les changements hormonaux autour de la ménopause, la dépression et l'anxiété, ainsi que la douleur, le reflux ou les mictions nocturnes.

3 h du matin n'a aucune signification médicale particulière. C'est simplement un moment de la nuit où beaucoup de personnes se trouvent dans la seconde moitié du sommeil, quand le sommeil est plus léger et que la pression de sommeil (le besoin de repos accumulé pendant la journée) est en grande partie dissipée. Les explications populaires du type 'horloge des organes' ou 'heure du foie' ne sont pas étayées par la recherche scientifique : il ne faut donc fonder aucune décision thérapeutique dessus.

L'ampleur du phénomène est importante. Dans une enquête téléphonique transversale auprès de 22 740 personnes dans cinq pays européens, 31,2 % déclaraient des réveils nocturnes au moins trois nuits par semaine et 7,7 % avaient du mal à se rendormir. Pour la plupart, le symptôme durait depuis longtemps : plus d'un an chez 78,8 %. Cela montre que le problème est fréquent, mais aussi qu'il ne faut pas le banaliser s'il persiste.

À quoi ressemble un sommeil normal, et les réveils sont-ils normaux ?

Le sommeil humain n'est pas une 'extinction' uniforme de la conscience. Il se compose de plusieurs cycles d'environ 90 minutes en moyenne, au cours desquels nous traversons le sommeil léger NREM, le sommeil profond (à ondes lentes) et le sommeil paradoxal (REM). Nous le décrivons en détail dans notre fiche de la base de connaissances sur les phases du sommeil. Deux points comptent pour les réveils : le sommeil profond domine la première moitié de la nuit, tandis que le sommeil paradoxal et le sommeil léger dominent la seconde. Plus on approche du matin, plus il est facile de se réveiller.

À la frontière entre les cycles surviennent de brefs éveils : le cerveau quitte brièvement les stades profonds, vérifie l'environnement, et le corps change de position. Chez une personne en bonne santé, cela arrive plusieurs fois par nuit et n'est pas mémorisé. Le réveil devient perceptible lorsqu'il dure plus de quelques minutes ou s'accompagne d'une activation : cœur qui bat vite, pensées qui s'emballent, sensation d'anxiété. Un cercle vicieux s'installe alors : plus on s'efforce de s'endormir, plus la tension augmente, ce qui complique encore l'endormissement.

Il faut aussi savoir que les réveils augmentent avec l'âge, car le sommeil profond raccourcit et le sommeil devient plus vulnérable aux perturbations extérieures et internes (nous en parlons dans un article distinct sur les besoins de sommeil après 40 et 60 ans). Un même bruit ou une même douleur qui ne vous aurait pas réveillé à vingt ans peut interrompre votre sommeil à cinquante.

Cortisol, stress et hyperactivation : que se passe-t-il vraiment la nuit ?

L'explication la plus répandue des réveils en fin de nuit est : 'c'est le cortisol'. De fait, le rythme quotidien du cortisol est étroitement lié au sommeil : l'hormone est au plus bas dans la première moitié de la nuit et commence à monter dans la seconde, préparant l'organisme au réveil. Nous le détaillons dans la fiche sur le cortisol. Le stress, qui augmente l'activité de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, peut donc rendre la seconde moitié de la nuit particulièrement sensible aux réveils.

Le tableau est cependant plus complexe que des messages simples du type 'baissez votre cortisol et vous dormirez'. Une étude expérimentale comparant des hommes atteints d'insomnie chronique et d'un sommeil objectivement raccourci à un groupe témoin a mis en évidence non pas une réponse excessive, mais une réponse atténuée de l'axe du stress à un stimulus test. Cela montre que, dans l'insomnie chronique, l'axe du stress est plutôt dérégulé que simplement producteur d'un 'cortisol élevé'.

Hypothalamic-pituitary-adrenal (HPA) axis response to exogenous corticotropin-releasing hormone (CRH) is attenuated in men with chronic insomnia

Preuves préliminaires

Vgontzas AN, Fernandez-Mendoza J, Lenker KP, Basta M, Bixler EO, Chrousos GP · Journal of Sleep Research · 2022

Étude expérimentale sur 23 hommes (11 insomniaques, 12 témoins) ayant bénéficié de quatre nuits consécutives de polysomnographie en laboratoire. Les hommes insomniaques avaient un temps de sommeil total significativement plus court (368,4 vs 411,6 min) et une efficacité du sommeil plus faible (76,8 % vs 86,0 %). Après administration de l'hormone de libération de la corticotropine (CRH), leurs taux d'ACTH et de cortisol augmentaient moins que chez les témoins sains (pic de cortisol à 60 minutes et aire sous la courbe, tous p<0,01). Les auteurs y voient un fonctionnement perturbé de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien dans l'insomnie associée à un sommeil objectivement perturbé. Petit échantillon, hommes uniquement.

Voir l'étude

La conclusion pratique : derrière les réveils à trois heures du matin se trouve souvent une hyperactivation (hyperarousal), un état dans lequel le système nerveux reste en alerte malgré la fatigue. La source peut être un stress chronique, un travail tardif, l'anxiété, mais aussi la caféine, l'alcool et un rythme quotidien irrégulier. Il n'existe cependant aucune preuve que la mesure du 'cortisol à 3 h du matin' (par exemple par des tests salivaires) ait une valeur diagnostique pour évaluer les réveils : il est donc inutile de la faire soi-même.

Alcool, caféine et dîner : facteurs du soir qui se paient au petit matin

L'alcool est l'un des facteurs de réveil de la seconde partie de la nuit les mieux documentés. Une revue d'études chez des volontaires sains a montré que l'alcool, à toutes les doses, raccourcit le délai d'endormissement et consolide la première partie du sommeil, mais augmente en même temps les perturbations du sommeil dans la seconde moitié de la nuit. Il retarde aussi le premier épisode de sommeil paradoxal et, à doses modérées et élevées, réduit la quantité totale de sommeil paradoxal. Autrement dit : un verre de vin 'pour bien dormir' peut aider à s'endormir, mais au prix d'un sommeil qui se délite vers le matin.

Alcohol and sleep I: effects on normal sleep

Preuves modérées

Ebrahim IO, Shapiro CM, Williams AJ, Fenwick PB · Alcoholism: Clinical and Experimental Research · 2013

Revue qualitative de toutes les études disponibles sur l'effet de l'alcool sur le sommeil nocturne chez des volontaires sains. À toutes les doses, l'alcool raccourcissait la latence d'endormissement, renforçait la consolidation de la première moitié du sommeil et augmentait les perturbations dans la seconde moitié de la nuit. Le début du premier épisode de sommeil paradoxal était retardé à toutes les doses, et le pourcentage total de sommeil paradoxal diminuait dans la plupart des études à doses modérées et élevées. La plupart des études confirmaient aussi une augmentation du sommeil lent profond dans la première moitié de la nuit. Il s'agit d'une revue qualitative et non d'une méta-analyse : les chiffres n'ont pas été regroupés.

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Il en va de même de la caféine. Dans l'étude européenne citée plus haut, une forte consommation de caféine figurait parmi les facteurs significativement associés aux réveils nocturnes. La caféine a une demi-vie de plusieurs heures : un café pris l'après-midi peut donc encore agir au milieu de la nuit, surtout chez les métaboliseurs lents. Un dîner très copieux ou tardif peut quant à lui aggraver le reflux et accroître l'activité digestive nocturne.

On évoque aussi souvent l'hypothèse de baisses nocturnes de la glycémie qui réveilleraient 'à l'adrénaline'. Le mécanisme est biologiquement possible chez les personnes traitées par insuline ou sulfamides hypoglycémiants, mais chez les personnes en bonne santé, il manque des études de qualité montrant qu'il s'agit d'une cause typique de réveils. Si les réveils s'accompagnent de sueurs abondantes, de tremblements et de faim et que vous prenez un traitement antidiabétique, parlez-en à votre médecin ; dans les autres cas, inutile de vous 'soigner' avec des en-cas à 3 h du matin.

Apnée, ménopause, dépression, douleur : des maladies qui réveillent la nuit

Dans l'étude européenne citée plus haut, les personnes souffrant de maladies douloureuses ou de troubles psychiatriques avaient plus de quatre fois plus de probabilité d'avoir du mal à se rendormir après un réveil. L'hypertension, les maladies cardiovasculaires, les maladies des voies aériennes supérieures et le diabète étaient aussi associés aux réveils nocturnes. Cela ne signifie pas que chaque réveil révèle une maladie, mais montre qu'un symptôme persistant mérite d'être traité comme un signal pour un bilan, et pas seulement pour l'hygiène du sommeil.

Les causes médicales les plus fréquentes de réveils nocturnes

  • Apnée obstructive du sommeil : réveils avec essoufflement ou palpitations, ronflement, maux de tête matinaux, somnolence diurne, mictions nocturnes fréquentes ; détails dans la fiche sur l'apnée du sommeil
  • Périménopause : bouffées de chaleur et sueurs nocturnes réveillent, et les fluctuations d'œstrogènes dégradent par elles-mêmes la continuité du sommeil
  • Dépression et troubles anxieux : le réveil précoce avec impossibilité de se rendormir est typique, souvent avec des ruminations
  • Douleur chronique, arthrose, fibromyalgie : la douleur s'accentue au repos et réveille lors des changements de position
  • Reflux gastro-œsophagien : brûlures ou toux après le coucher, surtout après un dîner tardif
  • Mictions nocturnes (nycturie) : hypertrophie de la prostate chez l'homme, diabète, insuffisance cardiaque, apnée du sommeil
  • Syndrome des jambes sans repos et mouvements périodiques des membres : besoin impérieux de bouger les jambes qui réveille et gêne l'endormissement
  • Hyperthyroïdie, médicaments stimulants, corticoïdes, certains antidépresseurs : peuvent fragmenter le sommeil

Sleep problems during the menopausal transition: prevalence, impact, and management challenges

Preuves modérées

Baker FC, de Zambotti M, Colrain IM, Bei B · Nature and Science of Sleep · 2018

Revue narrative des données subjectives et polysomnographiques sur le sommeil pendant la transition ménopausique. Selon les auteurs, 26 % des femmes présentent des troubles sévères du sommeil retentissant sur le fonctionnement diurne et justifiant un diagnostic d'insomnie. Les études longitudinales relient les difficultés de sommeil au stade de la ménopause et aux variations de la FSH et de l'estradiol, au-delà de l'effet de l'âge. Les bouffées de chaleur sont un facteur important : beaucoup d'entre elles (mais pas toutes) sont associées à des réveils confirmés en polysomnographie. Une partie des plaintes peut coexister avec une dépression ou des troubles respiratoires et moteurs du sommeil, dont la fréquence augmente après la ménopause. La revue décrit la TCC-I ainsi que la pharmacothérapie hormonale et non hormonale comme options de traitement.

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Ce dernier point est important en pratique : chez les femmes de plus de quarante ans, les réveils matinaux sont parfois attribués à tort au seul stress, alors que les changements hormonaux, l'apnée du sommeil (plus fréquente après la ménopause) et la dépression jouent aussi un rôle. Un bon diagnostic différentiel évite des mois d'essais de compléments qui ne visent pas la vraie cause.

Que faire quand on se réveille à 3 h du matin ? Un plan pratique

Règles pour la nuit d'un réveil (selon les principes de la TCC-I)

  • Ne regardez ni l'horloge ni le téléphone : compter les heures jusqu'au matin augmente la tension et entretient le cercle vicieux de la peur de l'insomnie
  • Si après environ 15 à 20 minutes (estimation approximative, sans chronométrer) vous ne vous rendormez pas, levez-vous et passez dans une autre pièce ; ne retournez au lit que lorsque vous avez sommeil. C'est le contrôle du stimulus, l'un des fondements de la TCC-I
  • Faites quelque chose de calme sous une lumière tamisée : lisez un livre papier, écoutez de la musique douce ; évitez les écrans, la lumière vive et le travail
  • Ne mangez pas et ne buvez pas d'alcool 'pour dormir' : un repas nocturne ancre l'habitude de se réveiller avec faim, et l'alcool dégrade la seconde moitié du sommeil
  • Utilisez une respiration lente avec expiration allongée ou une relaxation musculaire progressive pour réduire l'activation, plutôt que de lutter contre vos pensées
  • Gardez une heure de lever fixe, même après une mauvaise nuit : c'est l'élément le plus important pour stabiliser le rythme circadien ; ne 'rattrapez' pas en restant longtemps au lit
  • Sortez à la lumière du jour 20 à 30 minutes le matin ; la lumière matinale renforce le rythme circadien et facilite l'endormissement le soir
  • Maintenez une chambre fraîche (environ 18-19 °C), sombre et silencieuse ; une température trop élevée augmente les réveils, comme nous le décrivons dans la fiche sur la température de la chambre
  • Limitez la caféine à la première moitié de la journée, et prenez le dernier verre d'alcool plusieurs heures avant le coucher, ou pas du tout

Le principe clé est d'inverser l'intuition : moins vous 'essayez' de vous endormir, plus le sommeil a de chances de revenir. Tout l'acquis de la thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie repose sur l'idée que lutter contre le sommeil alimente l'activation, et que remplacer l'association 'lit = vigilance' par 'lit = somnolence' restaure le mécanisme naturel de l'endormissement.

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Prend environ 2 minutesFondé sur des preuves scientifiques

Les recommandations tiennent compte de tes réponses et du niveau de preuve scientifique. La popularité d'un complément n'influence pas sa recommandation.

Ce que disent les études sur le traitement des réveils chroniques : la TCC-I en premier

Les recommandations européennes actuelles sur l'insomnie préconisent la thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie (TCC-I) comme traitement de première intention de l'insomnie chronique de l'adulte, quel que soit l'âge, y compris chez les personnes présentant des maladies associées, en présentiel comme en version numérique. Un traitement médicamenteux peut être proposé lorsque la TCC-I n'apporte pas une amélioration suffisante et, en règle générale, il s'agit d'un traitement de courte durée.

Cognitive Behavioral Therapy for Chronic Insomnia: A Systematic Review and Meta-analysis

Preuves solides

Trauer JM, Qian MY, Doyle JS, Rajaratnam SM, Cunnington D · Annals of Internal Medicine · 2015

Méta-analyse de 20 essais randomisés (1 162 participants, 64 % de femmes, âge moyen 56 ans) évaluant une TCC-I multimodale en présentiel par rapport à des comparateurs inactifs. Après le traitement, la latence d'endormissement a diminué de 19,0 min (IC 95 % 14,1-23,9), le temps d'éveil après endormissement (WASO) de 26,0 min (IC 95 % 15,5-36,5), et l'efficacité du sommeil a augmenté de 9,9 points de pourcentage (IC 95 % 8,1-11,7). Le temps de sommeil total n'a augmenté que de 7,6 min, l'intervalle de confiance incluant zéro (-0,5 à 15,7). Les changements semblaient se maintenir au suivi ; aucun effet indésirable n'a été rapporté. Les patients dont l'insomnie coexistait avec d'autres troubles étaient exclus, ce qui limite l'applicabilité.

Voir l'étude

Ce résultat mérite d'être retenu : la TCC-I n'allonge pas tant le sommeil en minutes qu'elle ne raccourcit le temps passé éveillé la nuit, y compris le temps d'éveil après l'endormissement. C'est précisément le paramètre qui concerne les réveils à trois heures du matin. Les recommandations admettent aussi un traitement médicamenteux temporaire, mais ne recommandent pas la mélatonine à libération immédiate dans l'insomnie ; la mélatonine à libération prolongée peut être envisagée jusqu'à trois mois chez les personnes de 55 ans et plus. Les décisions concernant les médicaments relèvent du médecin.

Mythe ou réalité : une personne en bonne santé dort-elle sans réveils ?

Idée reçue

Un sommeil sain, c'est huit heures sans un seul réveil, et chaque réveil nocturne révèle un problème ou une carence (en cortisol, en magnésium, du foie).

Fait

De brefs réveils font partie du sommeil normal, et ils s'accentuent avec l'âge. Près d'un tiers des adultes européens déclarent des réveils nocturnes, mais cela ne devient un problème clinique que lorsque la difficulté à se rendormir persiste des semaines et retentit sur la journée. Rien ne prouve qu'attribuer les réveils à une seule 'carence' ou à une 'heure d'organe' permette de les traiter efficacement ; les interventions les mieux documentées (TCC-I, suppression de l'alcool, traitement de l'apnée ou des symptômes de la ménopause) agissent sur des mécanismes réels.

Attention à la confiance excessive dans les trackers de sommeil

Les bracelets et montres estiment les phases de sommeil à partir du mouvement et de la fréquence cardiaque, et non des ondes cérébrales. Ils peuvent afficher des réveils dont vous ne vous souvenez pas, ou les manquer. Analyser de façon obsessionnelle son 'score de sommeil' peut être une source d'anxiété supplémentaire (phénomène parfois appelé orthosomnie) et aggraver le problème qu'il devait surveiller.

Quand consulter un médecin pour des réveils nocturnes

Signes d'alerte justifiant une consultation

  • Les réveils surviennent au moins trois nuits par semaine pendant plus de trois mois et vous épuisent en journée : ce sont les critères de l'insomnie chronique selon la classification ICSD-3
  • Ronflements bruyants, pauses respiratoires remarquées par le conjoint, essoufflement ou suffocation la nuit, maux de tête matinaux, endormissement en journée
  • Les réveils s'accompagnent de douleurs thoraciques, d'un rythme cardiaque irrégulier ou d'un essoufflement sévère : en cas de symptômes aigus, appelez les secours (112 dans l'UE)
  • Sueurs nocturnes avec fièvre ou perte de poids involontaire
  • Humeur durablement abaissée, perte de plaisir, désespoir, idées de renoncement ou de suicide : contactez un médecin ou un psychiatre et, en situation d'urgence, appelez le numéro d'urgence de votre pays (112 dans l'UE)
  • Besoin impérieux de bouger les jambes le soir et la nuit
  • Les réveils ont commencé après l'introduction d'un nouveau médicament ou complément
  • Vous utilisez de l'alcool ou des somnifères pour passer la nuit

Limites et résumé

Ce que cet article ne tranche pas

Les études décrites ont des limites. Les données sur la fréquence des réveils proviennent d'entretiens téléphoniques : elles reposent donc sur l'auto-déclaration et non sur la polysomnographie. L'étude de l'axe du stress portait sur un petit groupe d'hommes et ne permet pas de conclure pour les femmes ni pour les personnes sans insomnie. La revue sur l'alcool est qualitative, et les doses et schémas de consommation des études en laboratoire diffèrent de la vie quotidienne. Les résultats de la méta-analyse de la TCC-I concernent l'insomnie sans maladies associées. Cet article ne remplace ni un diagnostic ni un traitement ; il ne contient pas de recommandations sur les somnifères et n'aborde pas l'insomnie de l'enfant ni de la grossesse.

QuestionRéponse courte
Est-ce normal ?De brefs réveils oui ; le problème, c'est la difficulté à se rendormir et les conséquences en journée
À quelle fréquence ?31,2 % des Européens interrogés se réveillaient au moins 3 nuits par semaine ; 7,7 % avaient du mal à se rendormir
Le cortisol est-il en cause ?L'axe du stress peut être dérégulé, mais les études ne montrent pas un simple 'cortisol élevé' ; inutile de le mesurer soi-même
Effet de l'alcool ?Facilite l'endormissement mais augmente les perturbations du sommeil dans la seconde moitié de la nuit et réduit le sommeil paradoxal
Qu'est-ce qui marche le mieux ?TCC-I (réduit l'éveil nocturne d'environ 26 min dans une méta-analyse), suppression de l'alcool du soir, traitement de l'apnée, des symptômes de ménopause et de la dépression
Quand consulter ?Symptômes de plus de 3 mois, ronflement avec pauses respiratoires, douleur thoracique, sueurs nocturnes avec fièvre, humeur abaissée

Réveils à 3 h du matin : l'essentiel

Notre recommandation éditoriale

Se réveiller à trois heures du matin est rarement une maladie en soi ; c'est le plus souvent un symptôme dont la cause précise peut être trouvée. Commencez par le plus simple et le mieux documenté : une heure de lever fixe, moins d'alcool et de caféine, une chambre fraîche et la maîtrise de votre réaction au réveil lui-même. Si vous ne voyez aucune amélioration en quelques semaines, ou si des signes d'alerte apparaissent, rassemblez des informations (un journal de sommeil de deux semaines aide vraiment le médecin) et prenez rendez-vous. Les compléments et adaptogènes peuvent avoir leur place, mais seulement après avoir écarté l'apnée du sommeil, les troubles de l'humeur et les problèmes hormonaux.

La nuit n'est pas un adversaire et un réveil n'est pas un échec. Le plus souvent, le problème n'est pas le réveil lui-même, mais ce que nous faisons dans les vingt minutes qui suivent.

Julia Wiśniewska, rédaction VitMode

Questions fréquentes

Le plus souvent parce que le sommeil est plus léger dans la seconde moitié de la nuit et que le système nerveux est plus sensible à l'activation due au stress, à l'alcool, à la caféine, à la douleur ou à des maladies comme l'apnée du sommeil. Si vous ne vous rendormez pas après le réveil et que cela arrive régulièrement, il vaut la peine de chercher la cause et pas seulement de traiter le symptôme.

Oui, de brefs réveils entre les cycles de sommeil sont physiologiques et on ne s'en souvient généralement pas. Une étude sur plus de 22 000 Européens a montré que 31,2 % des adultes se réveillent au moins trois nuits par semaine. Ce qui doit inquiéter, c'est une difficulté à se rendormir qui dure des semaines et retentit sur la journée.

Cela peut être lié à l'activation de l'axe du stress, mais ce n'est pas un simple 'taux élevé de l'hormone'. Dans une étude expérimentale, des hommes atteints d'insomnie chronique avaient une réponse atténuée, et non excessive, de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien à un stimulus test. Rien ne prouve qu'une mesure isolée du cortisol aide à évaluer la cause des réveils.

Oui. Une revue d'études a montré que l'alcool, à toutes les doses, facilite l'endormissement mais augmente les perturbations du sommeil dans la seconde moitié de la nuit, retarde le premier épisode de sommeil paradoxal et, à doses modérées et élevées, réduit le sommeil paradoxal total. L'effet est plus marqué lorsque l'alcool est bu tard le soir.

Souvent, oui. Selon la revue de Baker et collègues, jusqu'à 26 % des femmes en transition ménopausique ont des troubles sévères du sommeil, et les bouffées de chaleur et sueurs nocturnes sont une cause importante de réveils. Il faut néanmoins écarter l'apnée du sommeil et la dépression, également plus fréquentes après la ménopause.

Ne regardez pas l'horloge. Si vous ne vous rendormez pas au bout d'une quinzaine de minutes, levez-vous et passez dans une autre pièce, faites quelque chose de calme sous une lumière tamisée et retournez au lit quand vous avez sommeil. Évitez écrans, nourriture et alcool. Ce sont les règles de contrôle du stimulus de la TCC-I.

Les preuves sont limitées. Les recommandations européennes sur l'insomnie ne préconisent pas la mélatonine à libération immédiate dans l'insomnie et admettent la mélatonine à libération prolongée jusqu'à trois mois chez les personnes de 55 ans et plus (force de recommandation B). La TCC-I reste le traitement de première ligne. Discutez de toute décision d'utiliser la mélatonine avec un médecin ou un pharmacien.

Sources

JW

Julia Wiśniewska

Master en neurosciences cognitives, animatrice d'un podcast sur l'optimisation du sommeil

Julia a étudié les neurosciences cognitives en visant une carrière universitaire, mais elle a réalisé, en cours de doctorat, que ce qui l'intéressait davantage était d'expliquer la recherche plutôt que de la mener. Elle a lancé un podcast sur l'optimisation du sommeil — d'abord pour une poignée d'amis, aujourd'hui suivi régulièrement par des dizaines de milliers d'auditeurs — et c'est ce podcast qui lui a ouvert les portes de VitMode. Elle est spécialisée en chronobiologie, nootropiques et protocoles de récupération, et ses articles partent souvent d'une question qu'elle s'est posée lors de ses propres expériences sur le sommeil — dont un mois mémorable vécu selon un rythme de 28 heures, qu'elle ne recommande à personne de reproduire. En dehors du travail, elle dort étonnamment peu pour quelqu'un qui écrit professionnellement sur le sommeil — et elle est la première à en rire.

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Commentaires (2)

  • KW

    Kasia W. il y a 2 semaines

    Très clairement expliqué, surtout la section sur les interactions — je n'avais vu ça regroupé nulle part ailleurs.

  • MT

    Marek T. il y a un mois

    Prévoyez-vous une mise à jour avec la dernière étude parue cette année ? J'ai vu une méta-analyse intéressante.